L'actualité culturelle de la mémoire et du patrimoine
Depuis 1999, la loi permet aux légionnaires blessés en opération d’obtenir la nationalité française.
Sarajevo, Bosnie, le 8 février 1993. Les forces serbes pilonnent sans relâche l’ex-capitale de la Bosnie-Herzégovine. Un caporal polonais de la Légion étrangère, un certain Mariusz Nowakowski, évacue des blessés vers l’hôpital de Sarajevo quand un obus explose. La vie de Mariusz bascule. Gravement touché par des éclats, le légionnaire est amputé de la jambe gauche. A François Léotard, ministre de la Défense, qui lui rend visite à l’hôpital, le jeune soldat déclare :Monsieur le Ministre, je ne demande pas de décorations. Tout ce que je veux, c’est devenir français. Vœu exaucé : Nowakowski sera naturalisé quelques mois plus tard. Une première, car jamais la République française n’avait donné à un légionnaire étranger blessé la possibilité de devenir l’un de ses fils « par le sang versé ».
« L’affaire Nowakowski » n’en restera pas là : désormais, et depuis 1999, une loi permet aux légionnaires blessés en opération d’obtenir la nationalité française de plein droit.
Une mesure qui ne vise que la Légion puisque c’est la seule unité dans laquelle des étrangers peuvent s’engager. Rappelons qu’officiellement 35.000 légionnaires de tous horizons sont morts pour la France depuis 1831.
Par Patrick Fournier – Télérama Décembre 2011