C'est la question que pose Joseph Zimet dans le rapport remis au Président de la République à l'occasion du 11 novembre.
Durant quatre ans, de 2014 à 2018, la France sera l’hôte du monde entier.
Durant quatre ans, les nations du monde entier viendront en France commémorer l’engagement de leurs soldats et de leurs travailleurs sur le front de l’ouest, épicentre du premier conflit mondial de l’histoire de l’humanité.
Durant quatre ans, Australiens, Allemands, Britanniques, Canadiens, Américains, Indiens, Chinois, Nord-africains, Subsahariens, Indochinois, Néo-zélandais, Polonais, Russes, Belges, Tchèques, Portugais et bien d’autres encore, viendront arpenter le champ de bataille pour y retrouver les traces de leurs ancêtres.
Durant quatre ans, les représentants de ces pays viendront en France honorer leurs morts et se recueillir dans les nécropoles militaires qui peuplent pour l’éternité les paysages de la Grande Guerre.
Dans un même temps, le temps d’une commémoration qui ne ressemblera à aucune autre, les Français emprunteront les sentiers de la mémoire et retrouveront les souvenirs d’un temps qui fut celui de leurs parents et de leurs grands-parents, acteurs, témoins ou simples spectateurs de la Grande Guerre, la plus grande, la plus dure, la plus terrible épreuve collective que la société française traversa au cours du XXe siècle, dont elle sortit exsangue et bouleversée.
Durant quatre ans, chaque famille française retrouvera le chemin des monuments aux morts de ses villages ; chaque famille française se remémorera les récits de ses anciens, blessés, gazés, mutilés de la Grande Guerre ; chaque famille se souviendra des récits de famille, colportés de génération en génération, et qui tous racontaient la même chose : la souffrance et l’horreur d’une guerre qui ne ressemblait à aucune autre.
Monument aux morts de la municipalité de TANCABESTI (Roumanie)
Durant quatre ans, les Français replongeront au cœur d’un temps révolu mais qui demeure pourtant étrangement familier ; durant quatre ans, le temps d’une commémoration, la société française retrouvera son passé et ses racines, ses ancêtres et ses morts, ses terroirs et ses clochers ; elle retrouvera un événement fondateur qui a bouleversé le quotidien de nos aïeux, transformé leurs modes de vie et façonné le monde qui est le nôtre.
Durant quatre ans, de 2014 à 2018, la France et les Français retrouveront la Grande Guerre. Lire la suite ici link
L’engagement étranger à l'honneur ?
La lecture du rapport permet de souligner le caractère international voire universel que doivent pouvoir prendre les commémorations de 2014. L’engagement étranger aurait ainsi toute sa place dans la saison mémorielle qui s’annonce. N’oublions pas que dès le 29 juillet 1914, les intellectuels étrangers présents à Paris appellent au soutien de leur patrie d’adoption en danger. A l’origine de cette initiative, il y a Ricciotto Canudo, citoyen italien, fils spirituel de Gabrielle d’Annunzio. Très présent et connu dans les milieux culturels de la capitale et ami de Guillaume Appolinaire, il est l’ardent promoteur de l’art cinématographique naissant. On trouve aussi, bien sur, Fréderic Sauser, alias Blaise Cendrars, écrivain et poète suisse au talent remarquable. Avec d’autres personnalités, ils lancent un vibrant appel aux « étrangers amis de la France ».
“L’heure est grave !
Tout homme digne de ce nom doit aujourd’hui agir, doit se défendre de rester inactif au milieu de la plus formidable conflagration que l’histoire ait pu enregistrer.Toute hésitation serait un crime.Point de paroles, donc des actes.Des étrangers amis de la France qui ont pendant leur séjour en France appris à l’aimer et à la chérir comme une seconde patrie, sentent le besoin impérieux de lui offrir leurs bras.
Intellectuels, étudiants, ouvriers, hommes valides de toute sorte-nés ailleurs, domiciliés ici, nous qui avons trouvé en France la nourriture matérielle, groupons nous en un faisceau solide de volontés mises au service de la France.”
Signé : Canudo, Blaise Cendrars, Léonard Sarlius, Csaki, Kaplan, Berr,Oknotsky, Isbicki, Schoumoff, Roldiref, Kozline, Esse, Lioschitz, Frisendahl, Israilevitch, Vertepoff.
Volontaires argentins de la Légion étrangère au repos à Montgobert (Aisne) en janvier 1916