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L'actualité culturelle de la mémoire et du patrimoine

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Pour ne pas oublier?

Le devoir de mémoire obéit a une logique simple : exhumer pour ne pas oublier et porter à la  connaissance du plus grand nombre des faits inconnus après s'être assuré de leur véracité.
Nous en sommes tous les acteurs quand nous fouillons les cartons poussiéreux qui dorment bien sagement dans nos greniers, quand nous déroulons la pelote des souvenirs au hasard des histoires familiales ou quand, simplement, nous prenons acte des événements qui nous entourent.
Et finalement, nous éprouvons une légitime fierté à prendre dans le creux de la main un événement oublié et à l'éclairer de nouveau, à forcer les incrédules à la confrontation et à devenir pour un jour "celui qui".
Mais le devoir de mémoire  est à manier avec précaution quand il déroge à sa logique.
On pardonnera facilement au béotien à la curiosité tardive de vouloir démontrer au monde entier l'étendue de son inconscience mais comment peut-on pardonner à un érudit un laisser-aller scientifique ?

Pourtant c'est ce que vient de faire monsieur Serge Klasferd dans un article signé de Thomas Hofnung  et publié dans Libération le 11 décembre au mépris des plus élémentaires vérifications:
Je ne peux pas m'empêcher de penser à un effet d'annonce dans la perspective de la commémoration du 15 décembre, jour anniversaire de la première exécution collective. Non, monsieur Klarsfeld vous n'avez rien dévoilé du tout!  Ces documents sont connus, classifiés et répertoriés au Fort d'Ivry dans le strict respect  du don qui a été fait.

Morceaux choisis  de l'article de Libération avec en italique les précisions qui s'imposent  d'après le communiqué publié par l' établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense le même jour :

"Les derniers instants du groupe Manouchian, saisis clandestinement par un sous-officier allemand et dévoilés mercredi par Serge Klarsfeld, sont les premières images d’une exécution collective sur le site du fort.

Pendant quarante ans, il a gardé précieusement les négatifs par devers lui sans en parler à personne. Ce n’est qu’en 1985, quelques mois avant sa mort, que Clemens Rüther s’est confié à un ami lors d’un pèlerinage à Rome : le 21 février 1944, ce sous-officier de l’armée allemande, catholique et résolument antinazi, avait pris à la dérobée des photos d’une exécution collective sur le mont Valérien, sur les hauteurs de Paris. Pas n’importe laquelle : celle du groupe Manouchian, les résistants - en majorité étrangers - qui figuraient sur la célèbre affiche rouge placardée sur les murs de la capitale.

Ce sont ces trois photos, prises avec un Minox, que l’avocat Serge Klarsfeld, le fondateur de l’association des fils et filles des déportés juifs de France, a dévoilé mercredi à Paris. Des photos totalement inédites : jusqu’à ce jour, il n’existait aucune image d’exécutions collectives au mont Valérien. C’est ici que 1 007 personnes, dont 174 juifs, ont été fusillées par les nazis. Soit vraisemblablement le quart du total des exécutions en France durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Pour parvenir jusqu’au bureau de Serge Klarsfeld, qui depuis des années mène un travail d’identification de tous les fusillés au mont Valérien, le cheminement a été long. Sur les conseils de son ami, Clemens Rüther décide de confier ses négatifs au comité allemand Franz Stock, du nom d’un aumônier qui officia un temps au mont Valérien. En 2003, celui-ci transmet trois photos à l’Etablissement photographique des archives de la défense (ECPAD), installé au Fort d’Ivry (Val-de-Marne). Là, on semble ne pas avoir perçu la portée de ces documents, qualifiées de «reconstitutions». Informé récemment de leur existence, Klarsfeld, par recoupements, est parvenu à les authentifier. Il a établi que ces hommes qui font face au peloton d’exécution, les yeux bandés, sont bien des membres du réseau de Missak Manouchian.

Les trois clichés mentionnés ont été confiés à l’ECPAD en juin 2005 par le don de l’aumônier Jean-Louis Macron, aumônier de la forteresse du Mont Valérien. Ils ont été  réalisés en février 1944 au Mont Valérien par le photographe Clemens Rüther, sous-officier allemand de la Feldgendarmerie affecté à Paris en 1942, les négatifs originaux demeurant la propriété du Comité Franz Stock et leur exploitation -commerciale ou non-commerciale- ne peut se faire sans l’autorisation de ce comité comme le stipule le contrat de don.

Numérisés en août 2005 dans le cadre du plan de sauvegarde et de numérisation des fonds de

l’ECPAD, ces trois clichés sont donc depuis 2005 librement consultables et accessibles au public dans la base de données documentaire médiathèque de la défense .

 

La notice documentaire rédigée par les documentalistes du pôle archives de l’ECPAD

lors de l’entrée du fonds n’identifie en aucun cas ces images comme une « reconstitution », et reprend les éléments significatifs du rapport de Clemens Rüther écrit en 1985,

sa désignation au « début de l’hiver 1944, à la surveillance d’un procès d’un tribunal militaire allemand contre

vingt combattants français de la résistance », puis l’exécution des condamnés :

 

« le lundi (probablement le 21/02/44), donc avant ledit jeudi, nous reçûmes l’ordre d’accompagner le

transport de ces combattants de la résistance à un Fort, à l’ouest de Paris, probablement le

Fort du Mont Valérien. Les condamnés étaient expédiés sur des camions et nous devions

suivre sur des motocyclettes. Au Fort, dans une fosse, ils furent tous fusillés, quatre par

quatre, par un commando des forces armées allemandes. Ils étaient liés à des poteaux et

avaient les yeux bandés. Aux quatre suivants, ces mêmes bandeaux, qu’ils soient plein de

sang ou non, étaient rattachés ». Il termine son rapport par ces mots : « Je fus le témoin du

procès, du jugement et de l’exécution ».

 

Tous ces éléments sont connus et accessibles à tous depuis 2005, sans aucun doute sur leur authenticité.

 

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