Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'actualité culturelle de la mémoire et du patrimoine

Publicité

L’armée des Alpes de juin 1940 a-t-elle besoin d’être réhabilitée ?

     

Par cette question faussement provocatrice, posée en 1977, le colonel de Mollans voulait attirer l’attention de ses lecteurs sur un sujet parmi les plus méconnus de la Seconde Guerre rmondiale. Il est vrai que cette campagne tient une place singulière dans la mémoire nationale. Plus exactement, elle en est quasiment absente sauf dans quelques cercles géographiques ou culturels biens définis.

Pourquoi l’oubli ?

En juin 1940, alors que la France vit la pire défaite militaire de son histoire, l'armée des Alpes résiste victorieusement aux assauts des Italiens, et parvient même à contrer l'attaque à revers menée par les Allemands en direction de Grenoble.

Max Schiavon, spécialiste de la question a bien voulu nous confier en avant-première, quelques lignes sur son nouvel ouvrage « Victoire sur les Alpes, juin 1940 » qui paraîtra le 19 octobre prochain chez ANOVI et qui rend, en quelque sorte, les honneurs à la vaillance des troupes françaises.link   

L’ensemble de la bataille des Alpes qui s’est déroulée du 10 au 25 juin 1940, n’a fait l’objet que de peu de recherches en France. Il y a plusieurs raisons à cela.  Tout d’abord et très certainement, parce que ces combats de montagne surviennent « trop tard». En effet, fin juin 1940, cette phase de la bataille de France est contemporaine d’une période noire : la France subit, face aux Allemands, la plus grande défaite militaire de son histoire et demande à conclure un armistice. L’effondrement du pays est patent. Le maréchal Pétain arrive au pouvoir. Tous ces évènements, d’ailleurs encore sujets, 70 ans après leur déroulement, à de vives polémiques, intéressent généralement beaucoup plus les historiens que les combats qui se sont déroulés dans le sud-est.

Un théâtre d’opérations hors du champ médiatique

Ensuite parce qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale des épisodes plus « heureux » ou d’actualité retiennent l’attention : la résistance, l’épopée de la 1ère armée, la « chevauchée de la 2ème DB », la guerre d’Indochine, etc. D’une façon générale, un voile pudique est jeté sur tout ce qui s’est passé pendant la campagne de France en 1940.

general-rene-magnien

Le général René Magnien commandant le secteur fortifié des Alpes Maritimes

Enfin, parce que cette bataille des Alpes a été en réalité une succession de combats localisés dans des secteurs très compartimentés (Tarentaise, Maurienne, Briançonnais, Ubaye, Queyras, Alpes-Maritimes). De surcroît, au cours des quatre jours que dure l’offensive italienne, il n’y a pas eu de grandes batailles accompagnées de pertes humaines et matérielles massives, dont la mémoire collective puisse se souvenir facilement. Les combats des Alpes ont donc été relégués à l’arrière plan, et y sont quasiment restés jusqu’à ces dernières années.

Une passion de 25 ans !

Ce sont des rencontres avec des anciens combattants, il y a maintenant 25 ans, qui vont conduire le jeune officier d’alors à se passionner pour un sujet qui, selon ses propres termes, « restait à défricher ». En choisissant, lors de ses premières recherches, d’approfondir un combat très particulier : la destruction du fort italien du Chaberton dans le Briançonnais, il comprend très vite que cette campagne doit être comprise et analysée sur une plus grande échelle.

Comment en effet expliquer que des troupes pourtant peu nombreuses aient pu d’abord se préparer efficacement, puis se motiver pour mener un combat défensif victorieux alors que tout s’effondrait par ailleurs ? Quelle a été dans tout cela le rôle des généraux des Alpes ? Quels modes d’action ont été employés par les Italiens ? Où cette victoire trouve t-elle ses racines ? A-t-elle eu des conséquences durables ou est-ce un épiphénomène ?

6xsxg3.jpg

Cliché d'origine italienne montrant les blindés français

Vous le saurez en vous plongeant dans cette étude qui se veut un complément de l’historiographie existante en revendiquant une « vision renouvelée du sujet » et en approfondissant la recherche sur les combats du front central des Alpes au sein duquel le Secteur Fortifié du Dauphiné (SFD) qui a pour mission de défendre le Briançonnais, le Queyras et l’Ubaye, au centre du massif alpin, est sans aucun doute celui dont l’histoire est la moins connue.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article